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Extrait de DILEMMES (l'incipit)

Dimanche 22 janvier 2012

 

Tout compte fait, c’est peut-être par l’écriture que viendra le salut ! se dit Franck en sortant de l’ascenseur. Surpris par cette réflexion qu’il savait hasardeuse, il ne put s’empêcher de sourire tout seul en traversant le salon désert du Mercure Plaza. Au moins, l’entrevue avec Sonia, mon éditrice, m’aura redonné espoir un bref instant, soupira-t-il en pensant au chemin parcouru depuis deux ans, périlleux, chaotique, éreintant et sans fin. « Une voie de droit impossible à engager ! » lui avait affirmé un avocat parisien au motif que la loi impérieuse du secret interdit toutes révélations relatives à des comptes bancaires. Mais ne rien révéler lui paraissant plus impossible encore, Franck se résolut à poursuivre son combat. Sa détermination à lutter contre l’établissement financier était sans faille et tant pis si pour agir dans l’intérêt de tous il dut aller à l’encontre de la Loi ; risquer de se voir condamné ou devoir se taire est un dilemme qui jamais ne se poserait à Franck. Il sut, depuis ce premier jour de février 2010 où il commença à réunir des informations sur les agissements frauduleux de son employeur, qu’il irait jusqu’au bout de son accusation, quels qu’en fussent les risques encourus, les obstacles à surmonter et les chausse-trapes à déceler.

Lorsque la porte d’entrée coulissa soudainement devant lui, un air humide et glacial l’assaillit. Il s’étonna que la nuit fût déjà si sombre en ce début de soirée et observa le ciel où de gros nuages noirs s’amoncelaient. Franck consulta sa montre, il était dix-neuf heures quinze. Il remontait l’avenue Joseph Petit, dos à l’Océan. L’odeur âcre de la marée trahissait une forte houle et il lui sembla entendre le grondement sourd des vagues en furie. Décidément, cette semaine de janvier aura été particulièrement pluvieuse au Pays basque, maugréa Franck, les mâchoires serrées, comme à regret d’avoir eu en septembre dernier à quitter précipitamment et peut-être pour toujours la flamboyante Hong Kong. Plongé dans ses pensées, songeant aux rues en liesse fêtant le Nouvel An chinois, il marchait droit devant lui le long des bâtisses qui bordent l’avenue d’Ossuna ; un volet de fenêtre au-dessus de sa tête claqua brutalement sous l’effet d’une brusque bourrasque à l’approche de l’orage. D’un geste rageur, comme s’il fut mené aux points dans le dernier quart temps d’un combat décisif, il serra fortement la ceinture de sa parka de cuir noir, releva le col et se hâta vers sa résidence rejoindre Marta ; quand, derrière lui, la personne qui semblait le suivre depuis un moment pressa le pas à son tour, Frank comprit que le danger, cette fois, devenait imminent.

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