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Mise à jour

12 octobre 2017

Troisième problématique (suite 3)

Que faut-il retenir de cette expérience menée par Franck ? L’observation que, dans l’application des lois répressives, la rationalité juridique manque de réalisme en ne tenant pas compte des réalités humaines et que le récit fictionnel est seul à même de nous faire découvrir cette réalité que le formalisme juridique occulte [1]. Et si d’aventure, amis lecteurs, il vous arrivait de tenter, à l’instar de Franck, cette même expérience de pensée [2] en évaluant la loi répressive à l’aune de sa Valeur, sachez qu’aucun juriste ne vous prendra au sérieux ; et pourtant, vous seuls serez dans le vrai. Que vaut cette loi au nom de laquelle je suis sanctionné si elle ne tient pas compte de ma réalité ? Comment cette loi pourrait-elle être juste à mon égard ? vous demanderez-vous, révoltés, avec raison ; non sans être au bout de vos surprises, car « ce que les juristes voient dans les livres de droit est un décor de théâtre [3] ». Alors, peut-être, vous souviendrez-vous de Franck qui, en dépit de la Loi, poursuivit son combat au nom de l’éthique.

 

 

L’Éthique est consubstantielle à Dilemmes

 

Un dilemme doit s’entendre comme une situation où l’on doit choisir entre deux possibilités contradictoires comprenant toutes deux des désavantages. C’est le cas de tous les personnages du roman confrontés à la question de savoir s’il convient ou non de divulguer les agissements frauduleux de l’établissement financier de renom et partagés entre éthique de conviction et  éthique de responsabilité. Mais pour Franck, il s’agit de bien autre chose. Elle est à la fois un questionnement et une manière d’être.

 

a)      L’éthique comme questionnement

 

Le questionnement éthique permet à Franck d’examiner les règles morales de Bien et de Mal mais aussi la norme juridique au regard de l’Autre. Que vaut cette loi qui m’interdit de révéler des comptes bancaires qui n’ont pas d’existence légale ? Que vaut ce dispositif qui m’assimile à un malfaiteur lorsque j’ai agi pour le bien de tous ? Cette loi est-elle juste ? Et plus généralement, que valent les lois répressives si elles ne tiennent pas compte de l’Autre, celui ou celle sur qui la sanction est susceptible de s’appliquer ? Que vaut l’Argent lorsqu’il conduit à l’exploitation de l’Autre ? Que valent les opérations et les sociétés offshores lorsqu’elles tendent à dissimuler des patrimoines et à frauder l’impôt au détriment du plus grand nombre ? Etc.

 

Suite

 

[1] « Ce triomphe du formalisme n’est jamais que l’effet objectif de la suppression du politique au sens large dans la présentation et la connaissance du droit » (Michel Miaille, Une introduction critique au droit, F. Maspero, coll. Textes à l’appui, 1976, pp. 374-375).

[2] « Il ne semble pas y avoir de réponse générale possible à la question de savoir ce que nous pouvons apprendre des expériences de pensée éthique que nous proposent les romans. », J. Bouveresse, op. cit., p. 120.

[3] J. Carbonnier, Sociologie juridique, coll. Themis, P.U.F. 1972, p. 254, cité par M. Mialle, op. cit., p. 375 qui ajoute : « un lieu tellement artificiel dans ses régularités et ses perspectives en trompe-l’œil qu’il n’y est plus question de la réalité même ».

 

 

 

 

 

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